De forceur à influenceur : l'exemple de gestion de buzz de JP Fanguin

Vous n’avez pas pu passer à côté : si je vous dis « la question elle est vite répondue », vous penserez forcément au jeune homme vêtu d’un costume serré promettant monts et merveilles à quiconque le contacterait. Quelques vidéos plus tard, il semblerait que le bad buzz soit assumé et pas si ingénu que ça… que se cachait-il réellement derrière cette vidéo ?

Et là vous vous dites « encore un article sur ce type ?! ». Oui, mais attendez. Là où tout le monde s’attèle à décortiquer le phénomène, nous cherchons plus loin : comment expliquer qu’il continue ses vidéos ? Comment a-t-il réussi à changer son image ? Que va-t-il devenir ?

Eléments de réponse dans notre article !


Nous avons longuement hésité à parler de ce phénomène car il avait déjà fait couler beaucoup d’encre. Seulement voilà : la semaine dernière, le fameux JP Fanguin nous a sorti un petit clip YouTube pas piqué des hannetons. Sur un rythme endiablé, très tendance en cette saison, Jp Fanguin reprend inlassablement les phrases qui lui ont permis d’être à la fois la risée d’Internet, mais également la vidéo la plus partagée de ces derniers mois sur les réseaux sociaux. N’a-t-il pas compris que les gens se moquaient de lui ? C’est évidemment plus compliqué que cela.

Juste avant, on fait un récapitulatif sur le buzz.

Un beau jour de juin, je fais un petit tour sur Facebook, et je vois cet homme, un verre à la main, en costume, près d’une belle voiture et je me dis « encore une pub sponsorisée d’un mec qui veut me vendre une solution pour devenir riche grâce à l’immobilier ! ». Je ferme immédiatement la vidéo et me rends sur Twitter. Rebelote. Idem sur Instagram. « Il a mis les moyens pour apparaitre comme ça sur les réseaux ! » me dis-je. Et c’est une fois sur Linkedin que je comprends : ce n’est pas une pub sponsorisée. Tout le monde partage cette vidéo. Je décide de la regarder. Une minute de sentiments ambivalents : c’est à la fois pathétique (le vocabulaire, les clichés, la promesse) et drôle (l’excès, les fautes en parlant, le « bisou » de la fin). Soudain, le doute s’installe : est-ce fake ? Une parodie ? Ou un mec qui vend maladroitement sa solution qui pue l’arnaque ?


Et… j’ai partagé. Sans trop m’en rendre compte, je participais à la recette de son succès : le marketing viral. Des millions de vues certes, mais surtout des milliers de partages et de commentaires.

En y repensant, c’est toujours le même schéma.

Une personne pas ou peu médiatisée qui sort une phrase un peu simplette et qui fait le tour de la France, c’est du déjà vu. Souvenez-vous, Nabilla avec son « non mais allô », ou encore l’humoriste Ines Rég avec les paillettes et les moulures au plafond de Kévin. La recette de la viralité est la même : on partage car on trouve cela soit drôle, soit ridicule, soit les deux. On partage à la fois pour rire et se moquer. Et ce sont ces deux sentiments que l’on retrouve dans la vidéo de JP. Et oui, le marketing, c’est aussi de la psychologie.

Au final, le buzz, désiré ou non, a pris.

Entre les journaux qui racontaient que c’était un escroc, et d'autres médias qui le taxaient tantôt de génie marketing, tantôt de clown, peu importe : l'engouement est total. Et finalement, la raison pour laquelle il a commencé à le faire n'a que peu d'importance. Ce qui compte, c’est ce qu’il fait de son buzz. Et oui, au contraire des deux autres qui n’avaient pas vocation à faire la promotion d’un produit ou d’un service, Jp Fanguin fait la promotion d’une entreprise : Melius. Arnaque ou pas ? Peu importe. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment cela va évoluer.


Nous en sommes quasiment sûrs : à part attirer quelques curieux, l’entreprise n’a sûrement pas vendu beaucoup de formations grâce à la pub de son poulain.

Cependant, les vidéos continuent, et évoluent même vers d’autres formats comme la musique par exemple. À qui va donc servir ce succès si ce n’est pas à l’entreprise Melius ? Et bien on prend le pari avec vous : dans quelques mois, Jp Fanguin fera de la promotion son métier en entrant dans le marketing d’influence, et se détachera de l’entreprise pour laquelle il travaille. Pourquoi ? Parce que le branding qu’il a créé n’appartient qu'à lui et pas à l’entreprise. Sa façon de parler, son code vestimentaire, le déroulement de son discours… tous ces éléments l’ancrent dans la mémoire collective.

Demandez autour de vous : personne n’a retenu le nom de l’entreprise. Seulement que c’était une arnaque. L’entreprise dessert donc son image de marque.


Le fin mot de l’histoire, c’est que tout le monde le connait, mais personne ne sait rien de ce Jp Fanguin.

A-t-il utilisé tous les codes du marketing viral consciemment ou n’était-ce qu’un pur hasard ? On est seulement certain de deux choses :

- La première, c’est qu’il a su transformer l’image qu’avaient les gens de lui, en passant d’un commercial mi-escroc mi-maladroit à un mec drôle qui surfe sur son concept et qui tente de se renouveler avec auto-dérision. Il est passé d’arrogant à agaçant, puis sympathique. - La deuxième, c’est qu’un tel succès fabrique généralement un tremplin pour quelque chose de plus dimensionné. Nabilla est devenue une femme d’affaires. Inès Reg remplit des salles de spectacle. Qu’en adviendra-t-il de Jp ? Il a toutes les cartes en main. Et même si l’on n’entendra plus jamais autant parler de lui, le buzz aura eu le mérite de lui créer une communauté sur les réseaux sociaux.


Et on est très bien placé pour savoir qu’avec une stratégie social média aux petits oignons, le business ne fait que commencer !

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